Le surfaçage radiculaire est un traitement qui revient souvent dans les discussions autour de la santé des gencives, sans toujours être bien compris. Pour savoir ce qu’il implique, et pourquoi votre dentiste pourrait vous le recommander, il faut d’abord comprendre comment une gencive en santé peut, avec le temps, en arriver à ce stade.
De la gingivite à la parodontite
Tout commence généralement par une gingivite : une inflammation de la gencive causée par l’accumulation de plaque et de tartre à sa surface. À ce stade, la gencive peut être rouge, enflée ou saigner facilement au brossage, mais les tissus plus profonds qui soutiennent la dent, soit l’os, le ligament qui ancre les racines et le cément qui recouvre ces dernières, ne sont pas encore touchés. C’est réversible : un bon nettoyage et une hygiène rigoureuse suffisent habituellement à renverser la situation.
Si la gingivite n’est pas traitée, elle peut évoluer vers une parodontite. La gencive se détache alors progressivement de la dent, créant un espace qu’on appelle une poche parodontale. Plus cette poche est profonde, plus les bactéries et le tartre s’y accumulent facilement, à l’abri du brossage et de la soie dentaire. C’est ce cercle vicieux qui, laissé sans intervention, peut mener à une perte graduelle du support osseux autour de la dent.
Les poches parodontales, concrètement
Une poche parodontale, c’est l’espace entre la dent et la gencive qui s’est agrandi en raison de l’inflammation. Chez une gencive en santé, cet espace est mince et peu profond. Plus la maladie progresse, plus la poche se creuse, et plus il devient difficile d’atteindre le tartre accumulé au fond avec un simple brossage à la maison. Le dentiste ou l’hygiéniste mesure la profondeur de ces poches lors de l’examen : c’est cette mesure qui permet de déterminer si un nettoyage régulier suffit, ou si un surfaçage radiculaire est indiqué.
Le surfaçage radiculaire
Le surfaçage radiculaire, aussi appelé nettoyage en profondeur ou thérapie parodontale non chirurgicale, vise à retirer le tartre accumulé dans les poches parodontales elles-mêmes, le long de la racine de la dent. Contrairement au détartrage habituel, qui nettoie la surface des dents et juste sous la ligne de la gencive, ce traitement va chercher le tartre là où le brossage ne peut pas se rendre. On en profite aussi pour lisser la surface de la racine, ce qui aide la gencive à mieux se réattacher par la suite et réduit les surfaces où les bactéries peuvent s’accrocher.
Comment le traitement se déroule-t-il ?
Le surfaçage se fait généralement sous anesthésie locale, pour un confort optimal pendant le nettoyage en profondeur. Selon l’ampleur de la maladie des gencives, il peut être réalisé en une seule visite ou réparti sur plusieurs rendez-vous, souvent en traitant la bouche par sections. Des instruments spécialisés permettent d’atteindre la surface de la racine sans avoir besoin d’ouvrir la gencive chirurgicalement.
Et après le surfaçage radiculaire…
Une légère sensibilité est possible dans les jours suivants. Un suivi plus rapproché est souvent recommandé par la suite, le temps de s’assurer que les poches parodontales se referment ou du moins se stabilisent, et qu’une bonne hygiène à la maison prend le relais pour maintenir les résultats.
Une étape logique, pas une punition
Comprendre la progression de la gingivite vers la parodontite aide à voir le surfaçage radiculaire pour ce qu’il est : un traitement adapté à un stade précis de la maladie des gencives, pas un signe d’échec personnel. Un examen avec votre dentiste permet de savoir où vous en êtes et si ce traitement est indiqué pour vous.
